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Multiplication et reproduction de nos invertébrés marins :

Dans l’esprit de multiplier les habitants de nos bacs voici mes expériences en matière d’invertébrés.

Les Coraux : lorsque j'ai écrit cette rubrique en 2002 le bouturage des coraux n'était pas si répandu. A présent, même si cette rubrique reprend des pratiques connues, j'ai souhaité la laisser telle quelle afin d'aider les nouveaux pratiquants.

Les Anémones* : je n’en héberge qu’une seule, une Hétéractis Magnifica de 50cm de diamètre qui s’est reproduite par scission.

Les Bénitiers* : je n’en suis ici qu’au stade des pontes, l’essai d’élevage des larves n’a pas abouti mais vous trouverez mes premières observations.

 

   Reproduction des coraux : bouturage du corail

J'ai constaté que toutes les espèces sont bouturables avec différentes méthodes et avec des croissances, et un taux de réussite variables d'une espèce à l'autre.

Toutes mes boutures sont mises "à la pousse" dans mon refuge qui représente la moitié des 700 L de ma réserve (le reste contenant écumeur, réacteur, chauffage etc....), il est brassé par 2 pompes de 400 L/H et éclairé par une rampe LED 300W.

La population du refuge se compose de jeunes poissons issus de mes Repros, d'un massif de caulerpes très dense, peuplé de nombreux gamars et autres microorganismes.

On distinguera deux techniques de bouturage principales en fonction du type de corail dur ou mou.

 

  Bouturage des coraux mous :

De la même façon que pour les durs, je coupe avec un ciseau des branches (5 cm) ou des excroissances pour les coraux ramifiés du genre Sinularia, Sarcophyton... que je fixe à l'aide d'un élastique sur un morceau de roche vivante.

Passé 15 jours, ils s'accrochent d'eux mêmes et commencent à se développer, on peut alors retirer les élastiques qui se décomposent rapidement dans l'eau de mer. Après 3 à 6 mois ils atteignent la taille d'une "main ouverte".

 

Pour les coraux anémone du genre Discosoma, Zoanthus... c'est encore plus simple il suffit de prélever quelques polypes et de les déposer sur une roche vivante à l'abri des courants, ils ne tardent pas à s'y fixer.

Après quelques mois, ils auront recouvert la roche.

 

 

 

 

Pour le placement des boutures de coraux durs il suffit d'enfoncer les tubes entre les coraux existants ou dans les trous des roches vivantes, de prévoir quelques centimètres entre chaque pièce et de laisser faire la nature. Notez qu'il faudra plus d'espace pour les espèces agressives comme les galaxeas ou les plerogyras. A l'inverse les coraux d'une même famille comme les acroporas semblent plus facilement s'accepter et peuvent même finir par se toucher l'un pouvant recouvrir l'autre mais pas de façon systématique.

 

Bouturage des coraux durs :

Pour obtenir des fragments à bouturer (3 cm), je coupe une branche pour les Acros, Seriato et autres branchus, je coupe une excroissance pour les coraux du genre Plerogyra, Caulastrea, Galaxea... Je coupe un morceau de plateau pour les Turbinaria, Montipora et autres plateaux. Pour cela j'utilise une pince coupante de jardinage.

Dans tous les cas, on ne risque rien à les fragmenter si les coraux sont en bonne santé, après tout c'est l'action que font les vagues sur le récif.

 

Afin d'isoler chaque bouture et de les exposer le mieux possible à la lumière, je les place sur des tubes en PVC alimentaire de diamètre 12 mm (tubes d'arrivée d'eau). Pour les "Branchus" ils est facile de les emboiter dans le trou des tubes, pour les autres j'utilise un peu de résine de fixation.

Après 15 jours, je brosse les tubes sur lesquels se sont développées des algues, et j'élimine ceux qui n'ont pas pris (un sur 10).

Lorsqu'ils atteignent la taille d'un "poing fermé", ils sont prêts à être placés dans le bac principal, ou échangés.

Cela prend de 3 à 12 mois, les plus rapides étant les branchus et certains plateaux du genre Montipora.

Positionnement des boutures dans le bac :

 

Dans mon aquarium, presque tous les coraux sont issus de boutures, démarrer son récif de cette façon leur permet de mieux s'adapter.

En poussant côte à côte ils vont se tolérer davantage en adaptant leur croissance afin de se développer sans se gêner. De plus ils prendront la forme adéquate au taux de lumière reçu ainsi qu'au brassage : plateau ou forme élancée vers le spot. Un corail de bonne taille prélevé en milieu naturel aura déjà pris sa forme par rapport à son habitat et aura donc moins de chance de survie une fois introduit en aquarium.                                                           

Pour Les coraux mous il faudra fixer les fragments de roches vivantes sur lesquelles ils ont poussé à l'aide de résine de fixation. De préférence il vaut mieux les grouper sur une autre partie du récif car certains poussent très vite et colonisent rapidement les roches et même les coraux durs. Je pense particulièrement aux discosomas qui se fixent facilement sur les pieds de mes acroporas et font mourir leur base.

Passé un an dans l'aquarium principal, les boutures vont devenir de vrais coraux imposants du même gabarit que ceux qu'on trouve dans le commerce à des 150 Euros voir plus.... ils seront plus résistants car habitués depuis "leur naissance" aux conditions de votre aquarium.

A ce stade les tubes ne se voient plus du tout ils sont recouverts par le corail lui même ou par des algues calcaires de type coraline. Il faut maintenant à leur tour les bouturer car sinon ils vont rentrer en compétition et il y aura des perdants, sans parler de ceux qui vont atteindre la surface et se nécroser aux extrémités.

Voilà... la boucle est bouclée, si vous atteignez ce stade, vous passerez en surproduction comme moi.

Et si tous les aquariophiles et magasins le font je ne vois plus l'intérêt de prélever en milieu naturel !

Je crois même que l'on peut s'en inspirer pour aider à la reconstruction des récifs (comme expliqué en page d'accueil).

 

Reproduction des anémones

Hétéractis Magnifica :

Dans mon aquarium j'ai une Hétéractis magnifica qui héberge 5 jeunes clowns issus de mes repros. Pour ne pas qu'elle ne se déplace dans tout l'aquarium, je l'ai installée sur des roches entourées d'une bande de sable de 20 cm qui fait tout le tour, comme ce genre d'anémone n'aime pas se fixer dans le sable, elle est obligée de rester sur les roches, j'évite ainsi qu'elle n'aille bruler les coraux du reste du récif.

Alors qu'elle n'avait jamais montré le moindre signe reproducteur, un jour elle a commencé à se gonfler, ça a continué comme ça pendant une semaine jusqu'à atteindre une taille presque 2 fois plus grande qu'à la normale, ensuite pendant encore une semaine j'ai constaté qu'elle s'étirait comme si elle voulait se séparer en 2.

Il s'agissait en fait d'une reproduction asexuée par scission : un individu se sépare en 2 nouvelles entités.
L'autre mode de reproduction étant appelé sexué : par émission de gamètes mâles et femelles. Celui ci est encore plus rare en aquarium.
Cette reproduction par scission est un phénomène tout à fait classique avec les petites anémone du genre Condylactis ou Entacmea mais suffisamment rarissime avec les Hétéractis pour que je décide de le relater sur mon site.





Comme elle débordait carrément des roches j'ai placé devant elle une autre pierre pour que la partie qui s'étirait s'y fixe aussi, ça lui a permit de commencer à ce séparer au niveau de la bouche en déchirant ses tissus. Ca a duré comme ça encore pendant une semaine avant que je constate être l'heureux propriétaire de 2 nouveaux individus de la même taille que celui du départ !

Donc en moins d'un mois l'anémone avait été capable de fabriquer une sorte de clone d'elle même. L'emplacement n'étant pas extensible, j'ai dû l'échanger en magasin.

J'avais cette anémone depuis 10 ans, il sera intéressant de voir si ce comportement reproducteur restera exceptionnel ou sera répété à présent que l'anémone a su le faire. A suivre...



Reproduction des Bénitiers


Depuis 10 ans je possède 5 bénitiers, 2 de l'océan pacifique et 3 de l'océan indien.
A deux reprises ils ont pondus tous en même temps provoquant un grand trouble dans l'aquarium mais heureusement dissipé en quelques heures grâce à un bon écumage.

A chaque fois ces pontes ont été provoquées par un stress :
- La première, lorsque j'ai déménagé mes bénitiers de l'ancien bac au nouveau, je l'ai ai transporté sans eau pendant moins d'une heure.
- La seconde, lorsqu'une holothurie est morte provoquant le décès de plusieurs poissons du bac.

Lorsqu'un individu commence à pondre les autres le détectent rapidement et se mettent à faire de même. Ils sont hermaphrodites, d'après mes lectures sur le net, en premier ils libèrent le sperme suivi 30 minutes après par leurs œufs (ovocytes), la fécondation se fait donc en pleine eau.

Au bout de quelques heures l'aquarium est entièrement trouble, pour prélever les œufs vous pouvez prendre 10L d'eau de l'aquarium et la passer sur un tamis 40 microns, ou également prélever avec une seringue une partie des œufs au niveau du siphon du bénitier, ou encore cumuler ces 2 méthodes, l'essentiel étant de récolter un maximum d'œufs fécondés.

Ensuite je les ai placé dans un bac cylindrique d'élevage utilisé pour mes poissons (cf reproduction) puis j'ai ajouté du phytoplancton Isochrysis Galbana (T-Iso) , j'ai éclairé modérément (50w) et oxygéné avec 2 bulles par secondes.

Le premier jour les œufs fécondés flottent en pleine eau sans mouvement apparent.
Le lendemain, les premiers signes de vie sont observables, les œufs ont donnés naissance a des larves qui se déplacent énergiquement dans tous les sens.

Le phyto (T-Iso) n'a pas été suffisant car au bout de 5 jours je n'avais plus une seule larve visible.
Les pistes que j'expérimenterai la prochaine fois si j'ai d'autres pontes seront :
- l'utilisation d'autres phyto combinés au T-Iso : diatomées ou encore zooxanthelles (introuvables mais pourtant cités dans les quelques infos qui fuitent des élevages professionnels).
- Créer un mouvement d'eau dans le bac pour que les larves ne s'épuisent pas pour finir par sédimenter au fond.
Si ça fonctionne les larves devraient mettre une dizaine de jours avant de se fixer (d'après mes lectures sur le net).